"Je n'avais pas non plus prévu et calculé ce qui, fatalement, devait résulter de ce baiser, et que je n'aurais point la force, une fois dans les bras de mon ami, une fois mes lèvres sur les siennes, de m'arracher à cette étreinte, et de repousser ce baiser... Mais voilà !... Lorsqu'un homme me tient, aussitôt la peau me brûle et la tête me tourne... me tourne... Je deviens ivre... je deviens folle... je deviens sauvage... je n'ai plus d'autre volonté que celle de mon désir... Je ne vois plus que lui... je ne pense plus qu'à lui... et je me laisse mener par lui, docile et terrible... jusqu'au crime !... [...] Dans ce premier baiser, je m'étais donnée, toute, avec cet emportement qui ne ménage rien, cette fièvre, cette volupté inventive, dure et brisante, qui dompte, assomme les mâles les plus forts et leur fait demander grâce..."
Octave MIRBEAU (1848 - 1917), Journal d'une femme de chambre
Ce Verrou ce brave garçon, en caleçon pilou, le ferme-'t'il pour conclure, ou l'ouvre-t'il pour s'enfuir, épouvanté par cette échevellée jeune femme accrochante ?Il faudra bien qu'au soir les verrous pètent!