Or donc, vous m'aviez laissée perdue au milieu du vignoble. Au loin brillent quelques lumières sur une grande bâtisse - j'ai été tentée de couper tout droit à travers champs pour rejoindre ce témoignage d'humanité et demander mon chemin. Je me suis dit toutefois que caracoler au milieu des vignes à une heure du matin au volant de ma Picasso me vaudrait probablement une riposte carabinée de l'heureux propriétaire terrien. J'ai donc tourné un moment avant de retomber sur une vraie route, avec des panneaux, un signal GPS, et des conducteurs qui font passer Sébastien Loeb pour une petite octogénaire timorée.
Je finis par arriver un peu éprouvée à l'hôtel, où la porte de derrière se situe dans la cour d'une pizzéria qui jouxte l'établissement (j'aurais dû me méfier). Miraculeusement le code fonctionne, la porte s'ouvre, je trouve ma chambre. Qui est située juste au-dessus de la pizzéria. La preuve en image :
En plus j'ai de la chance, il y a un anniversaire ou quelque chose comme ça, la cour est remplie de pouffes hystériques qui poussent des hurlements de hyène délicieuses jeunes femmes passablement éméchées qui manifestent bruyamment leur joie de partager un moment entre amis. Dans un moment d'égarement je me vois en train de desceller le lavabo de la salle de bain et de le jeter en contre-bas - en poussant des cris de démence, façon Lou Ferrigno dans L'incroyable Hulk - mais deux choses m'arrêtent : - j'ai assez vu les gendarmes pour ce soir - j'imagine les hochements de tête entendus des collègues le lendemain : "Oh tu sais, je l'ai toujours trouvée un peu bizarre..." A la place, je mets donc mes boules Quiès. Deux ou trois heures plus tard, mue par une soudaine envie d'admirer le rideau de douche couleur mastic, je me rends dans la salle de bain. Au pied du lavabo, une chose noire et plutôt dodue, à la course précipitée, attire mon regard : "Qu'est-ce donc ? Mon Dieu, on dirait bien... UN CAFARD." J'ai failli le prendre en photo dans l'espoir de me faire rembourser la chambre mais je me suis dit que ce serait mesquin, alors je suis retournée me coucher, en me disant que maintenant ça ne pourrait pas être pire. Il ne faut jamais penser ce genre de choses : à ce moment-là, quelqu'un s'est mis à ronfler dans une chambre à côté. Le lendemain je remets ma clé aux Thénardier, qui curieusement ne se sont pas enquis de ma nuit - je songe que si je n'étais pas une respectable mère de famille, je taguerais bien leur façade : "Cafards bienvenus, clients tolérés", "Pension pour Blattes", "Supplément sourire : 5 euros"... Retour au centre socio-culturel, havre de paix, de gentillesse et de sourires grâce aux membres du club "Les peties mains" :
Un aperçu des petites merveilles réalisées par ces dames; les ouvrages, dont le thème cette année était la publicité :
Les encadrements :
Un superbe pare-feu en boutis :
Une nappe en redwork :
J'adresse encore tous mes remerciements à Jocelyne Briquet et à ses petites mains pour leur accueil : j'ai hâte de vous revoir l'année prochaine !