Comme annoncé, j'ai passé le week-end à Jonquières (Vaucluse), invitée par l'association "Les petites mains" qui présentait son exposition annuelle. Départ samedi matin à 6 h; arrivée dans la vallée du Rhône avec de fiers peupliers d'Italie :
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Le soleil fait son timide sur l'A7 :
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Si vous êtes en train de vous dire qu'au lieu de faire le guignol avec mon appareil photo sur l'autoroute je ferais mieux de regarder où je vais, ne vous inquiétez pas : sans doute en vertu d'une justice immanente, je serai bientôt confrontée aux forces de l'ordre...
J'ai installé mon stand juste avant l'ouverture à 10 h :
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Madame Briquet, la présidente du club, avait invité plusieurs créatrices; voici Annick Abrial et son mari, telles des abeilles industrieuses :
Ghislaine, de Pimprenelle :
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Blandine, de Pique et Trotte :
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Marie, des Fées brodeuses :
Sandrine, de Cousette entre copines :
Marie-Christine, qui anime la mercerie "Tentation broderies" à Vaison la Romaine :
Et enfin une certaine Agnès, d'Orbis Pictura :
Je vous montrerai les magnifiques réalisations du club, mais auparavant je ne résiste pas à vous raconter ma soirée de samedi... J'étais passée par une centrale de réservation sur internet pour retenir une chambre à Carpentras. A la fin de l'expo, armée de mes meilleures résolutions ainsi que de mon GPS, je rejoins l'hôtel en question. A la réception, un couple entre deux âges - et deux pastis - possédant à deux à peine suffisamment de dents et de cheveux pour constituer un être humain normal. La télé braille (50 minutes inside, j'ai ainsi appris que Bertrand Cantat serait accueilli à sa sortie de prison par son ancienne compagne), les tenanciers hôteliers émettent un vague grognement :
- Grrrrrmmmphh ?
- Bonsoir, j'ai réservé une chambre par Planigo...
- Carte d'identité ?
- [Ha non, moi mon nom c'est Agnès Spaëth]. Je vous demande pardon ?
- CARTE D'IDENTITÉ !
- [Oui, je suis contente de séjourner dans le Vaucluse, je vous remercie de votre accueil]. La voilà !
Il note tout sur un papier, dans un silence de mort - la télé braille toujours, toutefois.
- Chambre 8, premier étage. Si vous rentrez après 23 h, code sur la clé, entrée avec digicode derrière l'hôtel.
- [On peut mettre des verbes dans les phrases, ça fait plus joli]. Merci monsieur, vous être très aimable, je vous souhaite une excellente soirée (assorti de mon sourire Toto Lajoie).
Je monte, je pose mes affaires et je repars illico rejoindre les autres créatrices et les membres du club à Violès, où nous sommes attendues à l'Auberge de la Tuilerie. Evidemment je me perds en arrivant à Violès (je suis probablement la seule femme au monde qui parvient à faire plus de chemin avec un GPS que si elle n'en avait pas); personne dans le village à part un groupe de dogues argentins accompagnés de jeunes à casquette (dont manifestement ni les uns ni les autres ne sont castrés).
- Excusez-moi ?
- Ouais m'dame ?
- Je cherche l'auberge de la Tuilerie...
- C'est sur la route de Vaisongue !
- Oui ?
- Ben, la route de Vaisongue, kwa !!!
- [Ta vu ma plak konar ?] Je ne suis pas d'ici, excusez-moi...
- Dans votre dos, direction Vai-son-la-Ro-mai-ne...
- Merci beaucoup !
J'arrive enfin; très bon accueil, nourriture excellente - j'ai même eu la chance d'attraper un beau chat noir et de l'enrouler sur mes genoux au début du repas.
Je repars vers minuit, en espérant que les indications données par les Thénardier me permettront de passer la nuit autrement que roulée en boule devant la porte de l'hôtel. En traversant le premier village après Violès, je me fais arrêter par les gendarmes - contrôle d'alcoolémie... Le gendarme qui m'arrête pourrait être mon fils et me regarde avec des yeux fous, comme si j'allais sortir un fusil d'assaut de mon sac à broderie et le réduire en pâtée pour chat. "Soufflez dans le ballon, vous arrêtez quand je vous le dis..." "FFFFFFFffffffffffffffffff..." "C'est bon, arrêtez... (encore deux secondes et je faisais une rupture d'anévrisme). Vous pouvez repartir." Il m'a tellement stressée que je me suis trompée de route en partant et que je me suis retrouvée sur un chemin d'exploitation au milieu des vignes, avec un grand point d'interrogation bleu en haut à gauche de l'écran de mon GPS, vaguement goguenard m'a-t-il semblé (comment ça, je deviens paranoïaque ?). Demain je vous raconte comment je me suis sortie de cette situation périlleuse pour finir ma nuit avec un être trapu, très brun et à la démarche chaloupée : Oskar le Cafard...