J'avais réussi à passer entre les gouttes jusqu'à maintenant mais le subversif suborneur qu'est Patrick Saint-Aubin a jugé bon de me refiler un questionnaire ; mon blog gentillet perd donc aujourd'hui sa virginité, puisqu'il s'agit d'avouer cinq choses inavouables...
1) Je regarde sans me lasser le film Titanic, devant lequel je finis toujours par pleurer comme un veau, à la consternation ébahie de mes proches : « C'est rien, Maman a une poussière dans l'oeil. »
2) Je ne vote pas. Je n'ai même pas de carte d'électeur, elle doit être chez mes parents depuis une quinzaine d'années. En conséquence, j'évite de parler politique ou de l'état de décrépitude avancée du pays, ma brave dame, ou alors en comité restreint. Je suis en général d'accord sur tout avec tout le monde ; exprimer ses idées avec quelqu'un qui ne pense pas comme vous c'est comme apprendre le chant à un cochon : on perd son temps et ça énerve le cochon.
3) J'ai des amitiés littéraires douteuses : j'ai passé ma maîtrise sur Joseph de Maistre, un affreux réac' un écrivain contre-révolutionnaire et mon DEA sur Drieu la Rochelle, un collabo un auteur aux orientations politiques contestables.
4) Je tiens parfois des propos déplacés et inconvenants. A une dame très collet monté qui jugeait mon activité avec condescendance : « Ah, tiens, c'est sympathique la vente sur internet. Et puis si ça vous occupe, n'est-ce pas, c'est le principal... », j'ai dit d'un air très professionnel : « Oui, et puis avec mon code d'activité j'ai le choix de vendre ce que je veux... Mon code c'est le 526 B : vente par correspondance spécialisée - le jour où le point de croix ne marche plus, je me lance dans l'import-export de gadgets sexuels ! »
5) Je suis autant à ma place dans la blogosphère des brodeuses qu'un lapin pour servir la messe : je brode volontiers sur de la toile aïda, des motifs floraux imposants, avec du coton DMC. Je pousse parfois même le vice jusqu'à commander mes broderies à la Maison du Canevas. Je ne rentre pas dans du 32 (ou alors une seule jambe à la fois), je ne m'intéresse à aucun mouvement d'opinion postérieur à 1945, je ne lis que des écrivains morts, je ne fais pas de bénévolat auprès des nécessiteux, mes enfants mangent des biscuits achetés dans le commerce et je fais le ménage avec des détergents qui polluent.