[La pédophilie et l'inceste font partie des thèmes absolument tabous de la littérature américaine, les deux autres étant un] "mariage négro-blanc retentissant et
glorieux, produisant une foultitude d'enfants et de petits-enfants ; et un athée endurci à la vie heureuse et utile, mourant dans son sommeil à l'âge de 106 ans".
Vladimir Nabokov (1899 - 1977), à propos de la publication de Lolita.
par Agnès
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« J’ai achevé de me fâcher avec Bernstein. Cela ne s’est point passé dans des conditions très brillantes pour moi. Je manque tout à fait d’esprit de répartie et devant quelqu’un qui m’attaque je reste médusé. Mon égocentrisme, mon introversion, mon dolorisme, ce sont autant de clous qu’un seul coup de marteau enfonce en moi pour me fixer dans la stupéfaction, quand quelqu’un me lance un mot un peu dur. Au lieu de chercher et de trouver promptement une réponse, n’importe laquelle mais bien claironnée, je me sens aussitôt coupable et tombe dans une rêverie verticale sur la vérité possible, probable de ce qui m’est reproché.
J’avais déjà eu une collision avec Bernstein il y a de longues années, dans un dîner chez Jacques Porel. J’avais été en-dessous de tout. Comme J. Porel parlait devant B[ernstein] du livre que je venais de publier avec cette admiration un peu nigaude de l’amateur peu éclairé et qui choque tellement l’homme de lettres à qui elle n’est pas adressée, [B]ernstein s’écria : « L’Homme couvert de femmes ! Qui a écrit un livre avec un titre aussi grotesque. » Je n’avais pas su réagir et j’avais plongé mon nez dans mon assiette, en rougissant comme un collégien dont la mère vient de découvrir qu’il n’est plus puceau. »
Pierre DRIEU LA ROCHELLE (1893 - 1945), Journal 1939 - 1945
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Tous les hommes de lettres n’ont pas l’esprit de l’escalier ; Alexandre DUMAS (1802 – 1870), resté célèbre pour être l’auteur des Trois Mousquetaires, était le petit-fils d’une esclave noire de Saint-Domingue. Il emplit la scène littéraire de ses frasques amoureuses, de ses dîners et de ses ennuis avec ses créanciers, avant de mourir presque ruiné chez son fils.
Un jour, dans un salon, un homme émet plusieurs réflexions d’un racisme outrancier en sa présence. Dumas fait semblant de ne pas entendre. Le provocateur s’approche de lui :
- Mais, au fait, mon cher maître, vous devez vous y connaître, en nègres, avec tout ce sang noir qui coule dans vos veines.
- Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père un singe. Vous voyez, monsieur : ma famille commence où la vôtre finit !
par Agnès
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