Vendredi 4 avril 2008
Aujourd'hui je souhaiterais vous parler d'un des rares tableaux qui mettent en scène un requin; il y a quelques mois je vous avais montré The Gulf Stream et Watson and the shark; aujourd'hui c'est le tour d'un dessin tout à fait bizarre, que j'ai trouvé par hasard :


Intitulé Deep Sea Diver with a Mermaid and a Shark, il est désigné comme appartenant à l'école française et daté du XVème siècle; je pense que la date est évidemment fautive puisque le scaphandre peint ici n'a été en usage qu'à partir du début du XIXème siècle. Je n'ai pas réussi à trouver d'autres informations concernant l'auteur ou l'époque de ce tableau, mais tout complément sera le bienvenu...
Je trouve l'ensemble formé par le scaphandrier, la sirène et le requin particulièrement dérangeant; l'homme assis a une silhouette massive, pataude, et son absence de visage rend encore plus obscène la manière qu'il a de contraindre la sirène - celle-ci a une attitude un peu ambiguë, puisqu'elle enlace une des jambes du scaphandrier avec sa queue, mais repousse en même temps ses attouchements. Le regard est attiré par l'étoile de mer blanchâtre, qui a l'air d'être étendue, comme morte, sans doute après un coup de la pioche posée à gauche. Un crabe s'est lancé à l'assaut de la chaussure droite du satyre du fond des mers, mais pour la sirène, le salut viendra du squale qui s'apprête à trancher le câble du scaphandre - causant rapidement quelques problèmes d'ordre circulatoire au vilain monsieur...
C'est le premier tableau que je rencontre où le requin hérite d'un rôle positif; certes comme toujours il sème la désolation mais dans ce cas-là il joue le rôle du sauveur et du défenseur de l'opprimé - alias la jolie sirène bien en chair qui aurait dû réfléchir avant de s'asseoir sur les genoux d'un inconnu. Le squale en lui-même est très bien peint, et présente un mouvement ondulant tout à fait réaliste. Les tons rouille sont dominants, et ajoutent à l'impression de sensualité et de malaise; une diagonale de taches claires se détache, avec le ventre du squale, le reflet sur le casque, la hanche de la sirène et l'étoile de mer. Bref, une curiosité que j'avais envie de partager avec vous...
par Agnès publié dans : Bestioles
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Vendredi 18 mai 2007
Si ce n'est pas fait, je vous propose de brancher les hauts-parleurs de votre ordinateur et d'écouter ce son, baptisé le bloop : cliquez ici.

Il s'agit d'un son d'ultra-basse fréquence détecté par le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américain à plusieurs reprises durant l'été 1997, et dont l'origine demeure inconnue à ce jour. Il a été détecté par plusieurs capteurs sur une portée de plus de 5000 km, son point d'origine se situant sur la côte sud-ouest de l'Amérique du Sud.

Les hypothèses quant à l'origine de ce son sont variées, je les reprends de l'excellent article proposé par Wikipédia :
  • Il est possible d'identifier les animaux d'après le son qu'ils émettent. Le bloop, bien qu'il ressemble au son émis par une baleine bleue, provenait d'une distance de 4800 km. Certains pensent que ce son aurait pu être émis par une baleine et porté sur cette distance par des courants marins chauds.
  • Certains postulent que ce son pourrait être émis par un énorme et encore non découvert calmar géant ou pieuvre, ou une nouvelle espèce de poisson ou baleine encore plus grand que la baleine bleue. D'autres contestent ces hypothèses, soulignant que les céphalopodes connus n'ont pas de membranes gazeuses nécessaires pour produire ce genre de son, et qu'un cétacé doit faire surface pour respirer et aurait déjà dû être repéré. Seule l'hypothèse du poisson géant est encore valide.
  • Théoriquement, le Bloop pourrait être produit par une machine. La fréquence est possible mais le volume sonore serait plus difficile à produire.
  • Il est aussi possible que ce son ait été produit par un grand nombre de créatures émettant une vibration synchronisée.
  • Une hypothèse sismique semble peu probable vu la nature du son et le fait qu'il ait été répété plusieurs fois
Si la thèse du poisson géant semble la plus plausible (et il s'agit là d'une interprétation personnelle), il pourrait s'agir d'une preuve éventuelle de la survie du Megalodon carcharodon, requin fossile qui atteignait une trentaine de mètres pour un poids de 200 tonnes. Je vous conseille à ce propos cet article de grande qualité.

Voici une illustration montrant les différences entre le grand requin blanc et le mégalodon :

megalodon-weisserhai.jpg

Le bloop n'a plus été entendu depuis 1997.
par Agnès publié dans : Bestioles
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Mercredi 16 mai 2007
Si vous avez envie de mieux connaître le grand requin blanc (Carcharodon carcharias), ou de le faire découvrir à vos enfants, Nicolas Hulot consacre à cette espèce son émission "Ushuaïa nature" ce soir à 20 h 50 sur TF1. Je pense que vu le format de l'émission et son heure de passage, rien ne devrait heurter la sensibilité des plus jeunes (pas de tronçonnage gore comme dans le millier de films de série Z qui sort chaque été sur les requins).

Pour vous mettre en appétit, une petite vidéo empruntée au site http://wshark.chez-alice.fr/index.php (attention cependant, quelques photos sur ce site peuvent légèrement vous refroidir, certains spécimens ayant la dent dure... ).
par Agnès publié dans : Bestioles
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Vendredi 16 février 2007
J'ai un vice honteux : je regarde à la télévision tout ce qui se rapporte de près ou de loin aux requins, monstres marins et animaux non encore répertoriés. C'est ainsi que je me suis infligé un nombre considérable de films de séries Z, et j'ai eu droit :

1) au requin géant de 25 m
2) au requin supersonique qui nage plus vite qu'un off-shore
3) au requin qui attaque en poussant des grognements, voire des cris : comme tous les poissons le requin est doté d'un système vocal puissant, certains parviennent même à chanter La Traviata en se servant de leur aileron comme d'un métronome
4) à l'anaconda siffleur de 20 m (en fait, un boudin de pâte à modeler au bout d'une ficelle, filmé à la bougie dans le lavabo de la salle de bains du réalisateur)
5) au requin qui nage à reculons
6) au dinosaure marin sanguinaire et amphibie qui secoue la crête avant de sauter à nageoires jointes sur des adolescentes hurlantes
J'en passe et des pires...

J'attendais avec circonspection la série Surface, diffusée l'année dernière sur Canal+ et depuis quelques semaines le samedi après-midi sur TF1 :


Une nouvelle forme de vie sous-marine est découverte, et nous suivons les investigations d'une scientifique, d'un agent d'assurances dont le frère a été victime d'une de ces créatures, et d'un jeune garçon qui en élève une chez lui à l'insu de ses parents. Eh bien je vous la recommande, personnellement j'ai pris beaucoup de plaisir à la regarder. Tout sonne juste dans cette série, malgré quelques stéréotypes sans doute inhérents à ce type de production. Pour l'anecdote, l'un des personnages principaux est une scientifique; comme c'est un savant, on a choisi une actrice qui combine mâchoire et démarche d'homme - mais aussi seins comme des pastèques, on est aux States tout de même... Les effets spéciaux sont tout à fait acceptables pour un produit de télévision; je suis cependant dubitative quant aux bruits bizarres produits par la créature Nemrod, entre dauphin, tourterelle et estomac un lendemain de fête. Un début de romance probable, mais comme le feuilleton est familial et le monsieur marié, ça n'ira pas plus loin...

Bref, ça ne vous donnera pas la migraine, mais c'est sans doute ce que j'ai vu de mieux sur le sujet depuis longtemps - et Dieu sait que je ne recule devant rien...
par Agnès publié dans : Bestioles
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Vendredi 26 janvier 2007
Aujourd'hui j'ai décidé de faire mon Nicolas Bulot !

Le fait est suffisamment rare pour être signalé : le journal télévisé de 20 h en date du 24 janvier a consacré deux minutes à une découverte étonnante. L'équipe du parc aquatique Awashima au sud de Tokyo a pu filmer un spécimen vivant de requin-lézard ou requin à collerette (Chlamydoselachus anguineus). Ce poisson appartient à l'ordre des Hexanchiformes (cela signifie qu'il possède 6 fentes branchiales). La présence de ce requin-lézard d'1,60 m - signalée par un pêcheur - est d'autant plus remarquable que c'est une espèce que l'on rencontre d'ordinaire sur les plates-formes continentales et insulaires, à des profondeurs variant entre 120 et 1280 m. Le spécimen (une femelle) a été capturé, filmé et est mort quelques heures après, sans doute parce qu'il était malade.


Il ressemble à une anguille avec une bouche terminale, dont les deux mâchoires sont garnies de dents :



C'est un poisson ovovivipare (les jeunes proviennent d'oeufs qui éclosent à l'intérieur du corps, la période de gestation allant jusqu'à deux ans), pourvu d'une seule nageoire dorsale sans épines et d'une nageoire anale. Sa distribution est mondiale :



Mon but aujourd'hui n'est pas de vous assommer de données scientifiques, mais je souhaiterais attirer votre attention sur le caractère assez miraculeux de cette apparition. Le requin-lézard fait partie de ces « requins-fossiles » dont l'évolution n'a sans doute pas connu de changements depuis plusieurs centaines de millions d'années.


Pour vous permettre de bien situer les choses, je laisse la parole à John G. Maisey, membre de l'American Museum of Natural History de New York : « Le plus ancien fossile de requin est trois fois plus âgé que celui du premier dinosaure. L'origine de ce prédateur marin est cent fois plus ancienne que celle de l'homme. L'arbre généalogique du requin témoigne de plus de 450 millions d'années d'évolution. Les océans du monde préhistorique étaient peuplés de requins longtemps avant que les premiers vertébrés aient conquis la terre ferme, avant que les premiers insectes aient pris leur envol et même avant que de nombreuses plantes aient entrepris de coloniser les continents. Si l'on pouvait se transporter aussi loin dans le temps, les requins seraient une des rares familles d'animaux qui nous paraîtrait familière dans un monde peuplé d'organismes étranges. »

Pour la plupart des gens, les requins sont effrayants, ils ne sont pas spécialement intelligents et il leur arrive de dévorer des êtres humains, mais ils m'ont toujours semblé être un des témoignages les plus rassurants de l'existence possible de l'éternité. Ils ont été là bien avant l'homme, et ils seront là probablement bien après nous, à condition toutefois que nous restions vigilants.

NB : ces deux photos sont extraites de la vidéo réalisée par le parc marin Awashima.
par Agnès publié dans : Bestioles
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