Lire, voir, écouter

Lundi 11 juin 2007
Aujourd'hui j'inaugure une nouvelle catégorie en vous parlant de l'un de mes films préférés : Farinelli de Gérard Corbiau, sorti en décembre 1994 et aujourd'hui disponible en DVD. Corbiau s'était précédemment illustré avec Le Maître de MusiqueFarinelli est un film biographique consacré à la vie du castrat Carlo Broschi (1705 - 1782). De nombreux faits présents dans ce film appartiennent à la fiction, mais  de Londres à la cour de Philippe V d'Espagne, vous pourrez apprécier la beauté des costumes, la richesse des décors et la subtilité des personnages.


farinelli.jpg

La distribution est internationale :  outre l'Italien Stefano Dionisi dans le rôle-titre, vous retrouverez Caroline Cellier, ainsi que Jeroen Krabbe dans le rôle de Haendel.
Notons que pour diverses raisons, aucun chanteur actuel n'est en mesure d'exécuter les partitions destinées aux castrats. L'un des  intérêts majeurs du film réside donc dans la prouesse technique qui a permis de reconstituer la voix de Farinelli; c'est  l'IRCAM qui s'est chargé d'associer la voix d'un contreténor et d'une soprano colorature, entre autres grâce à un procédé assimilable au morphing  dans les arts graphiques. Il est impossible de percevoir le caractère synhétique de la voix ainsi obtenue.

Vous serez peut-être étonné - autant que je l'ai été - d'apprendre que le dernier castrat est mort en ... 1922.
Par Agnès
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Jeudi 13 septembre 2007
free music
Par Agnès
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Jeudi 20 décembre 2007
- 7° ce matin dans le Nord-Isère :

http://www.archive-host2.com/membres/images/1625887067/rose_hiver.jpg

Juste pour le plaisir, quelques peintures hivernales :






Par Agnès
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Dimanche 13 janvier 2008
La semaine dernière mon petit garçon a rapporté ce livre de la bibliothèque de l'école maternelle :

http://www.archive-host2.com/membres/images/1625887067/ours_1.jpg

Je vous en recommande la lecture si vous souhaitez aborder avec votre enfant le thème de la mort - les illustrations sont magnifiques et de nombreuses questions douloureuses comme la maladie, la vieillesse, le deuil et les rites qui l'accompagnent y sont traitées avec beaucoup de délicatesse et de poésie. Je vous montre quelques pages :

http://www.archive-host2.com/membres/images/1625887067/ours_3.jpg

Le petit renard fait ses adieux à son vieil ami et l'interroge sur ce qu'il y a après la vie...

http://www.archive-host2.com/membres/images/1625887067/ours_2.jpg

Le vieil ours est mort et il a laissé à chacun de ses amis un objet-souvenir pour les aider à surmonter leur chagrin...

http://www.archive-host2.com/membres/images/1625887067/ours_4.jpg

Les voici tous réunis pour lui rendre un dernier hommage.
A priori ce livre est définitivement indisponible à la vente, mais vous devez pouvoir l'emprunter facilement s'il vous intéresse.
Par Agnès
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Vendredi 16 mai 2008
J'aimerais vous faire partager l'univers d'un jeune illustrateur britannique que j'ai découvert grâce à un livre pour enfants, Christian Birmingham. Il travaille au pastel dur et compose des scènes qui pour moi sont réellement magiques, tant par le jeu de la lumière que par l'importance accordée aux détails :

Christian Birmingham Illustration
Christian Birmingham Illustration
Christian Birmingham Illustration
Il excelle également dans l'art animalier :

Christian Birmingham Illustration
Christian Birmingham Illustration

J'aime enfin tout particulièrement ses paysages :

Christian Birmingham Illustration

Christian Birmingham Illustration

J'espère que ce voyage matinal vous aura plu...
Par Agnès
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Samedi 2 août 2008
Aujourd'hui j'aimerais vous parler d'Edouard; je ne le connais pas, je ne sais même pas à quoi il ressemble - je n'ai jamais osé lui écrire et pourtant c'est l'un des rares blogueurs hommes dont les écrits me ravissent jour après jour : je vous propose de découvrir son blog ici. "Madame Bovary, c'est moi" disait Flaubert - Edouard ce n'est pas du tout moi, dirais-je, mais je le préfère à Flaubert (pardon Gustave).
J'aime lire Edouard parce que les titres de ses billets sont très souvent en latin et que c'est une langue qui se fait plutôt rare (comme souvent quand on est mort), surtout dans la blogosphère.
J'aime lire Edouard parce qu'il écrit très bien, qu'il ne fait jamais de fautes et qu'il livre un authentique travail sur les mots, traduisant toujours les anglicismes, sans pédanterie et parfois avec un humour qui devrait ravir madame Boutin : "Leçons de vocabulaire : je viens de découvrir le mot « arrière-salle » — il n’y aura pas donc plus besoin à aucun francophone de se servir du mot « backroom » (et non, les enfants, il n’est pas nécessaire de faire des commentaires ironiques ou scabreux là-dessus)." (à lire dans ce billet).
Pour vous éclairer un peu : Edouard avoue sans complexe des goûts de midinette concernant les serveurs, policiers et marathoniens croisés au fil de ses sorties et occupations. Cela l'amène parfois à des situations cocasses : "Samedi après-midi, pendant que le copain sommeillait chez nous à la campagne, où il n’a pas pu dormir la veille à cause de la chaleur et de l’humidité (on n’a pas la clime à la campagne), j’ai flirté avec ce jeune policier de la brigade canine. En réponse à mes attentions, il m’a montré la photo de sa fiancée (très jolie et très jeune, c’est embêtant)."
J'aime lire Edouard parce qu'il parle intelligemment de politique - pas la politique bien de chez nous, qui ne m'intéresse absolument pas; je rappelle que je ne vote pas. Non, la politique telle que se pratique aux Etats-Unis, parce qu'Edouard vit à New-York, ce qui nous donne l'occasion d'admirer de superbes vues de la ville (je vous laisse les découvrir, je n'ose pas chiper ses photos).
Edouard fréquente des galeristes, des peintres, des acteurs, ce qui nous permet d'admirer de belles personnes et de beaux endroits (et moi qui vous montre des photos de champs de tournesols dans le Nord-Isère !)
Last but not least, j'adore son humour très pince-sans-rire : "Je suis, il est vrai, beaucoup plus connard qu’on ne le sait en général – je m’efforce, par simple vanité, d’être un peu réticent à en parler trop devant n'importe qui et j’hésite aussi à présenter des preuves concrètes plus souvent qu’il n’en faut absolument, sinon je trouve que c’est un peu gaspiller mon pouvoir. Mais puisque mon caractère secret vient d’être révélé par un commentateur anonyme, allons-y."
Edouard, je ne vous connais pas, mais je vous remercie pour ces heures de lecture !
Par Agnès
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Jeudi 14 mai 2009
résumée en 42 secondes...


Last day dream, court-métrage réalisé par Chris Milk à l'occasion du festival One dream rush (Pékin, 2009).
Par Agnès
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Jeudi 25 juin 2009
Une fois n'est pas coutume, je reprends en partie un article publié aux débuts de ce blog, en raison de la diffusion des Dents de la mer ce soir à la télévision. Si vous avez plus de vingt ans, il est hautement improbable que vous n'ayez jamais vu ce film, étant donné que France 3 le passe tous les ans depuis quinze ans à la fin du mois de juin ou au début du mois de juillet, à l'heure où les premiers vacanciers chargent la voiture pour rejoindre la Grande Bleue.


Rappelez-vous : le doublage très moyen de Roy Scheider, les cols pelle à tarte, la musique qui vous scie les nerfs, la fille qui hurle comme une démente au début du film (à sa décharge, elle est en train de se faire cisailler artisanalement par un requin de sept mètres), l'épouse pas belle du tout mais très compréhensive, le maire véreux qui préfère laisser les petits enfants se faire dévorer plutôt que de perdre de l'argent avec sa station balnéaire, et Richard Dreyfuss ("le yéti d'Amity") couvert de lunettes, de cheveux, de moustache et de barbe, qui fait le guignol dans une cage en acier. Sans oublier les scènes de foule, avec des dizaines de baigneurs qui poussent des cris stridents en s'escaladant les uns les autres dans les vaguelettes...


L'affiche est très suggestive, parce qu'on imagine le "après", et qu'on ne veut pas croire que le requin pourrait brusquement sonder ou changer de direction; sur la couverture du livre paru en édition de poche, la jeune fille est encore plus explicitement nue. Dans le roman (où sexe et drogue se mêlent à sang et tripaille), l'épouse fait un pas de travers avec l'ichtyologiste barbu, qui finit comme dans le film en cacahuète à requin, à la grande satisfaction du chef de la police - cocu mais pas spécialement content.
Sur l'affiche, vous noterez les dents, surdimensionnées, comme une armée de couteaux prêts à dépecer la petite dame. Le requin du film était en fait une machine compliquée (construite en trois exemplaires tous nommés "Bruce" - oui, oui, comme dans
Le monde de Némo) de plus de sept mètres, alors que la bestiole peinte ici dépasse en taille tous les spécimens connus à ce jour. C'est pour faire plus peur !


A l'époque, le film avait été un succès colossal, faisant même la une de magazines de société :


Jaws déclencha une vague de panique allant jusqu'à l'hystérie dans tous les pays où il sortit, propulsant les récits des attaques de requins à la une des journaux australiens, américains et sud-africains. Des massacres organisés de requins prirent l'allure de mesures de salubrité publique - bien que l'immense majorité des espèces soit parfaitement inoffensive. A titre de comparaison, les cobras tuent plus de personnes en Inde que ne le font les squales dans toutes les mers du monde. Le requin paya donc très cher cette entrée dans l'imaginaire collectif !

Depuis 15 ans, la population des grands requins blancs a diminué de presque 80%. Chaque année, toute espèce confondue (plus de 380 espèces en tout), plus de 100 millions de requins sont tués, mais ce chiffre est certainement sous-estimé.
us-estim
En guise de conclusion, je laisse la parole au peintre animalier Richard Ellis : "Quels sont les éléments qui composent cette relation d'amour et de haine ? [...] Les raisons sont-elles à chercher au plus profond de notre psychisme collectif ? La fascination et l'horreur simultanées que nous inspire le requin sont peut-être simplement dues à la peur ancestrale d'être dévoré. Cet animal est, après tout, le seul qui puisse manger un homme - et, pire, qui le fasse à l'occasion. Et c'est de ce bois que les légendes sont faites..."
Par Agnès
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