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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 10:43

"L'innocence de New York n'était-elle donc qu'une simple attitude ? Sommes-nous des pharisiens ? se demanda Archer. Pour la première fois, il fut amené à réfléchir sur les principes qui l'avaient jusque là dirigé. Il passait pour une jeune homme qui ne craignait pas de se compromettre : son flirt avec cette pauvre petite Mrs. Thorley Rushworth lui avait donné quelque prestige romanesque. [...] L'aventure, en somme, ressemblait à celles que les jeunes gens de son âge avaient tous traversées et dont ils étaient sortis la conscience calme, convaincus qu'il y a un abîme entre les femmes qu'on aime d'un amour respectueux et les autres. Ils étaient encouragés dans cette manière de voir par leurs mères, leurs tantes et autres parentes : toutes pensaient comme Mrs. Archer que, dans ces affaires-là, les hommes apportent sans doute de la légèreté, mais qu'en somme la vraie faute vient toujours de la femme.

Archer commença à soupçonner que, dans la vie compliquée des vieilles sociétés européennes, riches, oisives, faciles, les problèmes d'amour étaient moins simples, moins nettement catalogués. Il n'était sans doute pas impossible d'imaginer, dans ces milieux indulgents, des cas où une femme sensible et délaissée se laisserait entraîner par la force des circonstances à nouer un de ces liens que la morale réprouve."

 

Edith Warton (1862 - 1937), Le Temps de l'innocence - traduction de Diane de Margerie

 

 

John Singer Sargent (1856 - 1925), Street in Venice

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Published by Agnès - dans Textes
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MiC 12/09/2010 16:40



oh merci, merci pour ce John SINGER SARGENT que je ne connaissais pas !